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picto LES POUX DES BOVINS

  • Des démangeaisons à l’étable doivent faire penser aux poux
  • Infestation massive sur une salers
  • schéma d’un poux piqueur
  • schéma d’un poux broyeur]

LES POUX DES BOVINS

 

A chaque saison ses parasites : au pâturage, les bovins subissent le harcèlement des mouches, les piqûres des culicoïdes et des taons, les morsures des tiques et sont exposés aux maladies transmises par ces vecteurs. La saison froide est, elle, propice au développement de la teigne, de la gale et des poux.

 

Comment se présentent les poux des bovins ?

Les poux sont des insectes dépourvus d’aile, visibles à l’œil nu car mesurant 3 à 5 mm. Plus de 3000 espèces de poux ont été identifiées.

Contrairement aux puces qui ne répugnent pas à changer d’hôte notamment en l’absence de l’espèce qu’elles préfèrent habituellement, les poux sont spécifiques : aucun risque d’infestation humaine par les poux des bovins et inversement.

On distingue 2 grandes familles de poux, selon leur régime alimentaire et leur morphologie:

-          Les poux piqueurs, encore appelés suceurs ou Anoploures, se nourrissent de sang. Leur tête est étroite, ils sont de couleur foncée, de forme allongée et peu mobiles. Ils aiment séjourner à l’abri de la lumière et dans les zones cutanées où la température avoisine les 30°C. (voir schéma 1)

-          Les poux broyeurs ou Mallophages se nourrissent de débris de peau ou de poils et peuvent parfois s’attaquer à la peau saine. Leur tête est plus large que leur corps, ils sont trapus, de couleur rougeâtre à brune et courent plus vite que les précédents. (voir schéma 2)

 

Comment se développent les poux ?

Autre différence avec les puces dont seule la forme adulte est hébergée par l’hôte, l’ensemble du cycle de vie des poux, d’une durée totale de 3 semaines, s’effectue à la surface du corps des animaux. Il est donc inutile d’envisager de traiter les bâtiments d’élevage ou de décontaminer l’environnement.

Leurs œufs, appelées lentes, sont fixés à la base des poils. Les femelles fécondées en pondent plusieurs centaines, desquelles s’échapperont des formes immatures au bout d’une semaine environ, qui subiront 3 mues avant de devenir adultes ayant une espérance de vie de 2 mois.

Les animaux se contaminent par contact direct avec un autre animal ayant des poux, très peu par l’intermédiaire de matériel ou de l’environnement car les poux y survivent peu de temps. Il faut être vigilant lors d’un achat car certains bovins porteurs n’expriment quasiment pas de signes d’infestation.

 

Comment reconnaître une infestation par les poux ?

Le symptôme d’appel est évidemment les démangeaisons. Elles sont plus marquées avec les poux piqueurs et majorées par une infestation massive. (Photo 1)

 

L’infestation est assez bien supportée par les animaux sauf si elle est importante, ce qui est courant chez les veaux à l’étable (les veaux ont un maximum de poux vers l’âge 2 mois) : les animaux sont agités, se grattent et se mordillent souvent, se lèchent et se frottent là où ils peuvent, au point de pouvoir présenter des lésions cutanées, un retard de croissance et une baisse de production. (Photo 2)

 

Si on ne connait pas de maladies transmises par les poux des bovins, ils engendrent des dépréciations du cuir voire des anémies chez les jeunes (poux piqueurs) et peuvent aggraver la propagation de la teigne.

Attention, il existe bien d’autres causes de démangeaisons, notamment les gales. Le diagnostic repose sur la mise en évidence des poux et des lentes, en inspectant leurs endroits préférés, là où ils vivent en colonie : fanon, tête, garrot, dos, base de la queue)

 

Pourquoi l’infestation par les poux est-elle plutôt une maladie d’hiver ?

En hiver, les signes d’infestation par les poux, appelée pédiculose ou phtiriose, sont plus marqués : les poils plus longs, la promiscuité des étables, la densité d’animaux élevée, le manque d’hygiène, les facteurs de stress plus nombreux, les carences en vitamines, minéraux et oligoéléments plus fréquentes avec les rations d’hiver, favorisent la pullulation de ces parasites.

En été, presque tous les poux meurent sauf certains individus qui se cachent sur les oreilles et le toupillon de la queue et assurent ainsi la pérennité de l’infestation.

 

Comment choisir le bon traitement ?

Même si les 2 types de poux cohabitent souvent sur le même animal, il est important de pouvoir bien les identifier, car certains insecticides ne sont pas actifs sur tous les poux.

Votre vétérinaire vous aidera à faire ce diagnostic.

Les traitements insecticides de contact en pulvérisation doivent souvent être renouvelés à 15 jours d’intervalle. Les endectocides en injection sous cutanée n’éliminent pas les poux broyeurs. En pour-on, ils sont efficaces sur les 2 types de poux.

Il faut traiter l’ensemble d’un lot au même moment. En élevage allaitant, plutôt que de traiter les veaux, il est préférable de traiter toutes les mères avant la saison de vêlage.

Comme beaucoup de parasitoses externes, l’infestation par les poux est souvent négligée car assez bien supportée par les bovins et peu génératrice de lésions; pourtant, leur élimination dans les élevages et sur les animaux est assez facile et d’un coût modéré, donc rentable.


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